"COPENHAGUE ET LE GABON VERT"

Pour le Gabon qui fait partie du Bassin du Congo, et dont les forêts constituent le second poumon écologique de la planète, l’engagement dans la lutte contre le réchauffement climatique est un axe majeur et un exemple pour le monde.

En effet, le Gabon a volontairement consacré 13 % de son territoire au bénéfice de la planète tout entière, un héritage de Feu le Président Omar Bongo Ondimba. Fort bien préservé par le nouveau Président de la République, Ali Bongo Ondimba, entend faire du Gabon environnemental un des axes prioritaires de sa politique de l’émergence. Il s’engage à bâtir un plan stratégique permettant de transformer l’économie gabonaise en une économie plus compétitive et à forte valeur ajoutée.



Le Gabon se positionnera comme le pionnier de l’économie verte, sur la base d’un cercle vertueux marqué par :

• Une gestion durable des forêts ;
• La pleine valorisation des produits issus desdites forêts, notamment la biomasse et les produits non ligneux ;
• Le développement d’un géotourisme s’appuyant sur l’exceptionnelle diversité de la faune et de la flore gabonaises ;
• La valorisation du potentiel que constitue 800 km de côte maritime et d’importants gisements d’eau douce ;
• Un recours plus marqué à toutes les opportunités qu’offrent les « financements carbone ».

De nouvelles mesures ont été prises récemment en Conseil des ministres gabonais dans cet objectif, tels que l’interdiction du  torchage par les sociétés pétrolières à compter de 2010 et l’élaboration d’un plan climat pour le Gabon qui est actuellement en cours de travail.


En chemin pour Copenhague, le chef de l'Etat gabonais, s’est rendu, le 16 décembre à Paris, à une réunion des chefs d’Etat des pays du Bassin du Congo organisée par le Président français, Nicolas Sarkozy, pour définir une position commune avant le Sommet qui doit aboutir à un nouveau pacte mondial de lutte contre le changement climatique. Le déjeuner de travail a également associé le Premier ministre britannique Gordon Brown. Une aide financière a été proposée aux pays du Bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète, pour lutter contre la déforestation.

Pour les chefs d'Etat et de gouvernements français et britannique, «c'est la façon la plus simple et la moins coûteuse de limiter les émission de CO2», car la déforestation représente à elle seule 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

«Nous sommes d'accord sur la nécessité d'une véritable gouvernance mondiale dans le domaine de l'environnement, et nous avons décidé de coordonner tous nos efforts pour créer un véritable axe entre l'Afrique et l'Europe pour obtenir l'accord le plus ambitieux possible à Copenhague», avait expliqué Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse avec Gordon Brown.

Depuis le début des débats à Copenhague, la question du soutien des pays développés aux pays en voie de développement et la poursuite des engagements du protocole de Kyoto divise les Africains. L'harmonisation préalable des positions des pays du bassin du Congo devait donc permettre de renforcer les chances d'aboutir à un accord consensuel à Copenhague.

En consacrant 13 % de son territoire au bénéfice de la planète tout entière, le Gabon est en droit d’attendre de la communauté internationale une compensation équitable et des appuis, afin de freiner par exemple la dégradation de son littoral, une conséquence du réchauffement sur le niveau de la mer.

Cet objectif national contraste avec les positions de certaines grandes nations du Sud, qui défendent un droit de polluer inhérent à l’industrialisation rapide qu’elles poursuivent, afin de rattraper leur retard et sortir leurs populations du seuil de pauvreté. Cette posture rend les négociations plus difficiles, sauf si les financements envisagés sont à la hauteur des attentes.

Le Gabon peut se faire l’avocat d’un multilatéralisme environnemental qui repose avant tout sur la responsabilité et l’engagement de chaque Etat envers la survie de la planète. Les négociations sur le climat ne doivent plus se poser en termes d’un choix simple de compromis minimum entre la croissance économique et la préservation de l’environnement.

Les forêts tropicales sont l’une des questions importantes du Sommet car la déforestation est source d’environ 1/5 de toutes les émissions de gaz à effet de serre. Pour l’heure, l’Afrique centrale n’est responsable que de 0,09 % des émissions totales de CO2, l’Amérique du Nord de 28 %. Les efforts pour préserver ces forêts offrent les meilleures chances d’engagements financiers nouveaux de la part des pays développés. Copenhague prévoit des incitations pour encourager toutes les nations à lutter contre ce problème. Les pays riches qui financeront les actions au bénéfice des forêts tropicales obtiendront des crédits à faire valoir dans leurs objectifs de réduction.

Les retombées de Copenhague pour le Gabon se situent à moyen et long termes car le traité, s’il est adopté, n’entrera en vigueur qu’en janvier 2013.

Comme d’autres pays du Sud, le Gabon aura à mettre en œuvre un cadre national pour bénéficier des financements prévus. Il s’agit en particulier de mesures réglementaires et leur application, ainsi que la mise en place et le fonctionnement de dispositifs techniques et technologiques.

Cela va nécessiter une réorganisation des structures nationales en charge du changement climatique. Mais c’est d’abord le renforcement des capacités humaines qui permettra au Gabon de mieux tirer partie des avantages du nouveau traité. En effet, le niveau de technicité des négociations futures, l’apparition des marchés de carbone et la complexité du Plan de coopération à long terme de Copenhague exigent des compétences en quantité et en qualité.

Legabon.org, le 17 décembre 2008






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